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Au cours de ces dernières années, on a vu se multiplier les rencontres, les études et autres écrits sur le troisième âge immigré. Le phénomène est nouveau en Belgique. En effet, comme en France et dans les autres pays européens qui ont eu recours à la main-d'œuvre étrangère, une grande partie des immigrés est installée de façon durable sur le territoire national et y passe ses vieux jours. C'est du moins le constat que l'on fait aujourd'hui chez nous, une réaction qui intervient un peu plus tard que chez nos voisins. Ici, comme là-bas, cette prise de conscience suscite un certain nombre de questionnements.

Pendant longtemps, la diminution de revenus et l'accroissement des risques pour la santé ont surtout caractérisé le vieillissement des populations autochtones. Des études récentes montrent non seulement qu'il existe de plus en plus de personnes âgées d'origine immigrée, mais que celles-ci sont confrontées aux mêmes problèmes que les seniors belges. En effet, le nombre des premiers est en augmentation constante au sein de la population. « Les personnes issues de l'immigration participent dorénavant au vieillissement collectif de nos sociétés », peut-on lire dans le rapport Migrations et Vieillissements publié par la Fondation Roi Baudouin [1]. Mais, qu'en est-il réellement du vieillissement des personnes d'origine étrangère ? Quel est leur impact sur la société d'accueil ?... Voilà quelques-unes des questions qui justifient les travaux actuels. Tous présentent une caractéristique commune : une large place accordée au vieillissement des immigrés marocains et turcs, deux groupes importants. Il en existe pourtant d'autres Center Wmns Nike Roshe Run Heritage West Noirout Woven American wwS7Izq8x que nous aborderons plus longuement.

Retour en arrière

Dans nos sociétés occidentales, la tendance est souvent forte de parler de l'immigration comme d'un phénomène global, homogène, davantage considéré comme une source de problèmes depuis la fin officielle des politiques de migration de travail (milieu des années 70). Sans vouloir refaire ici l'historique des mouvements migratoires, il peut être utile de rappeler que, si la Belgique est depuis plus d'un demi-siècle un pays d'immigration, sa population a elle-même connu par le passé des migrations plus ou moins importantes... pour rechercher un mieux-être ailleurs. Ces périodes appartiennent désormais à l'histoire et, pour ce dossier, nous nous limiterons aux personnes d'origine étrangère venues en Belgique pour des raisons diverses, qui y ont vieilli et qui y résident de façon plus ou moins permanente. Dans ce groupe, les personnes immigrées, venues travailler dans le cadre des accords bilatéraux passés entre la Belgique et leurs pays d'origine, représentent une proportion importante.

Les Italiens sont les premiers à faire le voyage dans les années qui suivent la Deuxième Guerre mondiale (années 50). Suivent de près les Espagnols, les Grecs puis, dès les années 60, les Marocains et les Turcs. De la fin des années 60 jusqu'au début des années 80, on voit arriver des immigrés d'un type nouveau : des personnes qui ne viennent pas nécessairement dans le cadre des migrations de travail. Là, l'éventail est beaucoup plus large, allant des pays occidentaux comme la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et le Canada jusqu'aux pays du Tiers-monde (Asie, Afrique, notamment du Congo, ex-Zaïre). Le mouvement s'élargira à d'autres pays du monde dans les années qui suivent.

Quelques éléments caractérisent les premières vagues de l'immigration de l'après-guerre. Il s'agit essentiellement d'une main-d'œuvre peu qualifiée que l'on a orientée vers les mines (surtout vers les charbonnages), l'industrie sidérurgique, la construction, les travaux publics, etc., dans des secteurs en rupture de bras et où le travail était particulièrement pénible. Cette main-d'œuvre est surtout constituée d'hommes jeunes.

Les femmes et les enfants restés dans les pays d'origine expliquent les allers-retours réguliers des débuts. Les contrats de travail se prolongeant, les familles viennent rejoindre les pères et les maris qui les ont précédées, et le phénomène est encouragé avec le développement des politiques de regroupement familial. Aujourd'hui, ces hommes et femmes immigrés sont répartis sur tout le territoire, avec des concentrations plus ou moins fortes dans certaines régions (anciens lieux de travail) et dans les grandes agglomérations, premières destinations des migrations plus récentes.

Arrivés dans la fleur de l'âge voilà 30, 40, 50 ans, ces personnes ont vieilli et sont entrées de plein pied dans le monde du troisième, voire du quatrième âge. La vieillesse en Belgique rime désormais aussi avec diversité. C'est ce qui a été mis en évidence à l'occasion du rapport Les rides de l'immigration. Le troisième âge immigré en Wallonie, d'une part, et du colloque Bien vieillir à Bruxelles - Les rides de l'immigration (2006), d'autre part, d'où sont extraits les chiffres repris dans le tableau qui suit.

Repères :

N.B. : les personnes naturalisées ne sont pas reprises dans ces chiffres. Leur nombre s'élève aujourd'hui à 700.000. Il faudrait ajouter les personnes âgées de ce groupe à celles qui ont gardé leur nationalité d'origine pour avoir une estimation plus correcte de la vieillesse issue de l'immigration.

Au-delà du constat de la présence des seniors immigrés, l'objectif recherché à travers les tout récents travaux est de voir comment notre société peut également leur assurer une vieillesse décente. Mais la vieillesse des personnes âgées immigrées est-elle différente de celle des autochtones ? Les premières données fournies par les enquêtes permettent de répondre par la négative à cette question. Cependant, la vieillesse des migrants présente certaines spécificités. « Ce sont surtout, notent les auteurs du rapport Migrations et Vieillissements, les caractéristiques liées à la migration qui dictent des vieillissements différents. Le migrant âgé ajoutera en effet à un héritage plus négatif de santé, issu de conditions de vie souvent précaires, une difficulté à s'aiguiller dans les systèmes d'aide et de santé existants, faute notamment d'en maîtriser correctement la langue » [3].

Dans les paragraphes qui suivent, nous allons relever quelques-unes des spécificités des seniors immigrées. Nous commencerons par celles des migrants méditerranéens pour terminer par celles des migrants subsahariens. À Bruxelles, le premier groupe compte déjà un pourcentage important d'individus âgés. Ils seront rejoints d'ici quelques années, et de façon plus marquée, par les plus de 65 ans africains comme nous le verrons plus loin.

Les migrants du pourtour méditerranéen

Dans la Région bruxelloise, les seniors immigrés les plus nombreux sont par ordre d'importance : les Marocains, les Italiens, les Espagnols, les Grecs et les Turcs. Que sait-on de leur état de santé ? En réalité, peu d'études ont été faites sur l'état de santé des immigrés de manière générale. Cependant, les travaux récents ont mis en évidence quelques éléments.

Une moins bonne santé

Les anciens travailleurs immigrés, arrivés l'âge de la retraite, accusent aujourd'hui le contrecoup de dures années de labeur. Dans le rapport Migrations et Vieillissements, on souligne : « Il s'agit de personnes qui, n'ayant pas encore atteint le grand âge, ont eu pour un nombre important des conditions difficiles de travail, de vie, de logement qui les ont usés et vieillis prématurément. Certains ont pu regrouper leur famille et se garantir ainsi un environnement de vieillissement dans un réseau d'entraide familiale. Les plus anciens bénéficient d'une retraite à taux plein car ils ont pu accomplir des carrières complètes, mais d'autres ont eu des carrières morcelées, avec des périodes de chômage et surtout des difficultés de reconstruction de trajectoires. Ces derniers se retrouvent alors avec des ressources insuffisantes » [4].

WOW zsarW rose max et gris air 2017 Une maîtrise insuffisante de la langue

C'est un problème qui touche surtout les personnes âgées turques et marocaines. « Les immigrations marocaine et turque, peut-on encore lire dans le rapport, sont des immigrations d'appel, mais d'un public peu qualifié. Or une population non scolarisée, analphabète dans sa propre langue se trouve en situation d'inégalité par rapport à l'apprentissage d'une nouvelle langue » [5]. Cependant, ce point doit être nuancé... La faible maîtrise de la langue entraîne des difficultés de communication qui sont autant de barrières pour entrer en contact avec les professionnels de santé (malentendus, conflits), pour pouvoir accéder aux informations qui leur seraient utiles, etc. Par exemple, peu de seniors immigrés - qui sont dans les conditions requises pour introduire une demande - connaissent l'existence de la garantie de revenus aux personnes âgées (GRAPA), un supplément octroyé aux personnes âgées qui bénéficient d'un faible montant de pension.

Les aspects culturels et affectifs

Ces aspects concernent surtout la prise en charge de la personne âgée. Dans leurs pays d'origine, ce sont généralement les familles qui endossent cette responsabilité. En Belgique, dans un contexte où tout le monde est obligé de travailler, il devient difficile pour les plus jeunes de consacrer beaucoup de temps à leurs parents âgés. Le problème est davantage accentué quand les enfants ont quitté la demeure familiale pour aller fonder la leur. Pour contourner ces difficultés, la société d'accueil a développé d'autres mécanismes de solidarité en créant des maisons de repos, des maisons de repos et de soins, en mettant en place des services d'aide et de soins aux personnes âgées, etc. Ces dispositifs sont plutôt mal vus par les personnes d'origine immigrée. « C'est un devoir de s'occuper de ses parents ! », soulignait une intervenante lors d'une table ronde organisée sur le thème de la diversité dans les maisons de repos en octobre 2007 [6].

Cette approche culturelle de la question explique en partie le faible recours aux services et institutions existants. Les réticences semblent plus fortes chez les Marocains que chez les Turcs : « ... il n'est pas facile de faire accepter une aide quelle qu'elle soit au domicile des patients âgés marocains. Si ce ne sont eux qui expriment leurs réticences, ce sont leurs enfants qui repoussent l'idée de faire appel aux services. Leur méfiance porte sur la qualité des repas à domicile, qu'ils jugent non conformes à leurs prescrits religieux en matière de nourriture hallal. Ils estiment aussi qu'il relève de leur « devoir social » de faire à manger à leur aïeul. La méfiance porte également sur le respect de l'hygiène : ils craignent que les infirmières à domicile n'effectuent pas les toilettes dans les règles de l'art du « bon musulman » » [7].

L'hébergement en institution, plutôt rare, est surtout envisagé comme un choix ultime, alternative choisie quand l'entourage n'a pu se débrouiller autrement. Il s'agit le plus souvent alors de maisons de repos et de soins, perçues comme un prolongement des institutions hospitalières. Dans ces cas, la réprobation des membres de la famille, et surtout celle de la communauté seraient moindres.

Mourir en exil ?

Pour les populations turque et marocaine, les aspects liés au décès suscitent beaucoup d'interrogations : pourra-t-on ou non pratiquer les rites musulmans nécessaires qui accompagnent le décès ? L'inhumation se fera-t-elle comme elle doit se faire pour tout « bon musulman » ? Les inquiétudes concernant l'inhumation ont partiellement été levées avec la création de parcelles ou de carrés musulmans dans certains cimetières... quoique quelques voix signalent déjà le nombre limité de places ou le mauvais emplacement de certains de ces espaces réservés. Néanmoins, il reste la possibilité de rapatrier les corps dans les pays d'origine afin qu'ils y soient enterrés. Mais ce choix n'est pas toujours facile à assumer financièrement, les frais inhérents au rapatriement d'une dépouille étant très élevés. Ceux qui le peuvent souscrivent une assurance décès.

 

 

Points communs des migrants méditerranéens

Une moins bonne santé, une maîtrise insuffisante de la langue, une prise en charge familiale des personnes âgées sont les quelques points relevés qui caractérisent le vieillissement des migrants méditerranéens de la Capitale. Deux autres points développés ci-dessous les rapprochent encore.

Entre ici et là-bas

et 2017 WOW gris air max zsarW rose 2017 air rose max et gris WOW zsarW Beaucoup de ces migrants âgés ont choisi de rentrer chez eux une fois l'âge de la retraite atteint, sans pour autant couper les liens avec la Belgique. Anne Morelli, professeur d'histoire à l'Université Libre de Bruxelles : « Le projet de toute migration a toujours été une émigration temporaire. Les Italiens, comme les Espagnols et les Grecs, pensaient venir en Belgique pour quelques années et rentrer ensuite chez eux, avec un petit peu d'argent mis de côté qui leur aurait permis d'acheter un terrain, de s'installer comme commerçant, etc. La réalité, c'est que les choses ne se sont pas déroulées selon ce schéma et, pour beaucoup, ils sont restés. En général, ils ont repoussé l'idée de rentrer chez eux à la période de leur pension. Un certain nombre l'ont fait, c'est le cas de nombreux Espagnols. Mais, assez curieusement, rares sont ceux qui sont rentrés dans leurs régions d'origine. Ils savent que s'ils retournent là, leurs enfants ne viendront les voir que très peu. Beaucoup de ménages espagnols âgés ont en fait acheté un appartement à la mer : ils sont ainsi assurés de voir leurs enfants et petits-enfants tous les ans. C'est une stratégie de retour pour s'assurer de la présence des enfants ».

Nombreux sont ceux qui, parmi les seniors issus du Sud de l'Europe, font encore régulièrement la navette entre leur pays d'origine et la Belgique. Certains, comme les Espagnols, ne reviennent que dans le cadre de visites familiales. D'autres, comme beaucoup de dames âgées siciliennes, reviennent pour des raisons... climatiques ! Elles viennent passer l'hiver en Belgique car les logements, disent-elles, sont mieux isolés et chauffés que leurs habitations dans les campagnes siciliennes.

D'autres personnes âgées ont par contre choisi de rester en Belgique à cause de leur âge avancé. Anne Morelli : « Elles ont une nostalgie de la manière dont les soins de santé sont organisés en Belgique et dont l'encadrement social est fait. Par exemple, les seniors italiens, espagnols et grecs savent très bien qu'ils ont droit à une infirmière qui peut venir les laver, leur faire les soins au quotidien, etc., ce qui n'est pas toujours le cas dans leurs pays d'origine. C'est un élément qui a pesé lourd dans la balance ». La qualité des examens médicaux et des soins de santé prodigués ici explique aussi les allers-retours des migrants âgés turcs et marocains.

L'immigration au féminin

La précarité est un problème récurrent chez les femmes âgées issues de la Méditerranée. Se référant aux trois premiers groupes, Anne Morelli explique : « Dans leur énorme majorité, ces femmes ont travaillé mais elles ont travaillé sans être déclarées. Elles ont travaillé comme femmes de ménage, aidantes dans des magasins, elles ont fait de la couture à domicile, etc. Au moment même, cela les arrangeait : elles étaient demandeuses pour pouvoir payer moins d'impôts, pour que leur mari reste chef de famille avec certains avantages, etc. Mais aujourd'hui, elles paient très cher cette situation car elles ont de toutes petites pensions. Etant donné qu'elles n'ont que peu cotisé à la sécurité sociale, elles sont souvent liées aux CPAS ».

Les Turques et les Marocaines âgées, pour la plupart, n'ont pas travaillé. Elles se sont occupées de leurs familles. Beaucoup d'entre elles dépendent de leur mari dont la pension n'est pas très élevée non plus. Certaines - malheureusement, loin d'être des cas isolés - arrivées à l'âge de la retraite, sont répudiées par leur mari et abandonnées sans ressources financières. Leur seul recours : l'aide de leurs enfants ou celle de l'assistance publique. Souvent, ces femmes accumulent les handicaps : peu instruites, elles ne parlent pas ou très mal les langues belges, n'ont pas cotisé et, hormis avec leur famille et quelques membres de leur communauté, n'ont eu que très peu de contacts avec le monde extérieur.

Des parcours migratoires différents pour les Subsahariens

Différents rapports ont été publiés dernièrement : Migrations et vieillissements (FRB), Les rides de l'immigration. Le troisième âge immigré en Wallonie (CEDEM), La pauvreté chez les personnes d'origines étrangères (FRB) et les Actes du colloque Bien vieillir à Bruxelles - Les rides l'immigration. Dans ces textes, très peu de lignes auront finalement été consacrées au vieillissement des Subsahariens présents en Belgique. Ceux-ci ne sont pas venus comme travailleurs migrants. Moins nombreux que les migrants évoqués précédemment, les Africains forment ou formeront d'ici quelques années une autre facette de la vieillesse en Belgique. Comment sont-ils arrivés ici ? Comment leurs parcours influenceront-ils leur vieillesse ? Les paragraphes qui suivent vont tenter d'y répondre.

Des voyages d'études...

La Belgique n'a pas signé d'accords de migration de travail avec les pays de l'Afrique noire. La première vague importante de Subsahariens arrive peu après l'exposition universelle de 1958 lorsque la Belgique décide, pour faire face au manque de cadres nationaux congolais qu'elle n'avait pas voulu former tout au long de la colonisation, de faire venir dans la métropole des centaines d'étudiants congolais en vue de préparer la relève du personnel colonial après l'indépendance. Cette politique de formation des élites à l'étranger sera suivie par presque tous les nouveaux Etats africains indépendants. Si certains de ces étudiants sont envoyés par leur pays, d'autres viennent dans le cadre des accords de coopération portant sur la formation : des boursiers de gouvernements africains, du gouvernement belge et de certaines institutions internationales comme l'OMS, l'Unesco... Pour des raisons historiques évidentes, principalement liées à la colonisation, les étudiants congolais constituent au cours de ces années la majorité des étudiants africains en Belgique. La santé économique des Etats africains, au cours des décennies 60 et 70, n'étant pas aussi désastreuse qu'elle le deviendra par après, beaucoup de ces jeunes, leurs études en Europe parachevées, retournent immédiatement travailler en Afrique. Très peu choisissent de rester en Europe. C'est lorsque le continent, vers la seconde moitié des années 80, commence à connaître des crises politiques, économiques, financières et sociales aiguës que les étudiants africains d'Europe vont de moins en moins opter pour retourner travailler en Afrique. Le chômage et les conditions d'emploi précaires vont faire revenir en Belgique, comme dans les autres pays européens, d'anciens étudiants et beaucoup d'autres personnes qui fuient les guerres, les coups d'Etat, les violations des droits de l'homme, etc. Les catastrophes naturelles (sécheresses, mauvaises récoltes...) des années 90 vont également contribuer au flux migratoire des Subsahariens. ...

gris rose et WOW air zsarW max 2017 et retours reportés ?

Pendant longtemps, beaucoup d'étudiants et anciens étudiants espèrent rentrer dans leur pays respectif à court ou moyen terme. Mais le temps passe. Un certain nombre d'entre eux venus au cours des années 80 vont choisir de s'installer sur le sol belge parce qu'ils y ont tissé des liens familiaux (mariage, enfants), pris la nationalité belge, fini par trouver du travail ou encore parce qu'ils y ont développé d'autres types d'attaches solides (amitiés, raisons sentimentales). C'est cette catégorie qui d'ici 15, 20, 30 ans va constituer le premier lot important de personnes âgées subsahariennes. Aujourd'hui, leur nombre est encore limité dans la société. Cependant, comme au sein des communautés turque et marocaine, on note la présence de personnes des 3e et 4e âges dont l'arrivée est plus récente. Il s'agit le plus souvent de parents venus - dans le cadre du regroupement familial - rejoindre leurs enfants installés en Belgique.

et max WOW rose gris 2017 zsarW air Prise en charge et fin de vie

Comme chez les migrants qui les ont précédés, on observe également que peu d'Africains (âgés) font appel aux services d'aides et de soins et aux institutions d'hébergement pour personnes âgées. Mais, là aussi, la raison est en partie culturelle.

« On n'abandonne pas son vieux père ou sa vieille mère » New For Ultra Air amp; Sz Flyknit Cream Nike Femme Cookies Oreo Max rXSwZPrB

En Afrique, la vieillesse a toujours été bien considérée : il n'est en effet pas donné à tout le monde de « se faire de vieux os ». Dans son livre, Vieillir en Occident - Le regard d'un Africain, Vital Barholere, chercheur et collaborateur scientifique de l'Ecole de Santé publique de l'Université Catholique de Louvain (UCL) écrit : « En Afrique, les Vieux sont la mémoire vivante de la vie et on ne se pose pas la question de savoir s'ils sont rentables ou si on leur doit le respect. Le Vieux sait les choses utiles, il les a expérimentées et a donc une place prépondérante dans la famille et la communauté » [9]. Tout peut se résumer par cette phrase célèbre du savant africain, Amadou Hampâté Bâ : « En Afrique, un vieillard qui meurt c'est une bibliothèque qui brûle ». Cette façon de voir explique en partie la vision africaine de la vieillesse que l'on retrouve ici, notamment dans les rapports qu'entretiennent les soignants d'origine subsaharienne avec les résidents des maisons de repos et les bénéficiaires de soins à domicile.

En Belgique, il est difficile de compter sur une solidarité familiale élargie (comme en Afrique) lorsqu'une personne âgée devient dépendante. Autre lieu, autres méthodes... Le nombre de seniors africains étant encore marginal, il n'existe pas encore à ce jour, ce que l'on pourrait appeler « la manière africaine de prendre en charge les personnes âgées ». Néanmoins, de nombreux débats ont lieu au sein de la communauté sur la manière d'affronter ces problèmes imminents. De manière empirique, on peut se baser sur les quelques exemples vécus et rapportés par certaines familles, et les propositions de solutions intra-communautaires.

Actuellement, pour les jeunes qui sont nés et/ou ont grandi en Belgique ou ont opté pour la culture occidentale, il est tout à fait normal que les personnes âgées soient insérées dans les circuits d'aide existants. Les Subsahariens qui ont gardé de très fortes attaches culturelles ont une approche nuancée de la question. Certains soutiennent que les maisons de repos ne conviennent pas aux « vieux » africains pour une raison principalement, c'est que l'Africain n'est pas un être solitaire, il aime vivre entouré des siens. Pour ceux-là, le fait de se retrouver dans un home est considéré comme un signe d'abandon de la personne âgée. Ici aussi, les habitudes alimentaires différentes sont évoquées. D'autres Africains, comme pour les familles immigrées marocaines et turques, n'envisagent la possibilité de recourir aux structures de la société d'accueil qu'en cas de force majeure. D'autres encore espèrent qu'à l'instar d'autres pays européens tels que la France, soit instaurée une « allocation de prise en charge de la personne âgée » qui serait accordée aux descendants qui accepteraient de garder chez eux leur parent âgé et de s'occuper de lui.

Le « Grand voyage »

Généralement en Afrique, la mort, pour les personnes âgées, constitue l'aboutissement d'une vie. Elle est acceptée - les vieillards disent qu'ils vont rejoindre le « Village des Ancêtres » - et elle est préparée : les personnes âgées s'entourent de jeunes afin d'assurer leur devoir de transmission. En Europe, la mort soulève de nombreuses questions au sein de la communauté africaine. Ces questions sont en réalité reliées aux conditions matérielles nécessaires pour accomplir toutes les formalités qu'entraîne un décès (les soins et veillée mortuaires, la mise en bière, le deuil et l'inhumation). La communauté africaine montre à ce niveau, particulièrement en Belgique, une grande fragilité économique. Le non accès au marché de l'emploi explique qu'elle soit restée très longtemps pauvre... C'est cette pauvreté qui justifie la peur de beaucoup de Subsahariens de ne pas être prêts financièrement en cas de décès. La même raison explique que peu d'entre eux ont jusqu'ici contracté une assurance décès.

zsarW 2017 max WOW gris et air rose En Belgique, lorsque survient la mort, la solidarité intra-communautaire joue encore un rôle important. Certains choisissent d'être enterrés dans leur pays d'origine. Ce choix est soit guidé par le désir de reposer avec les siens, soit répond à la pression exercée par les familles restées au pays. D'autres font le choix d'être inhumés ici et avancent comme argument la proximité familiale. Notons encore que les Subsahariens n'ont pas encore intégré l'éventualité d'une incinération après leur mort. C'est une pratique méconnue en Afrique.

Pour conclure

Que peut-on dire pour terminer ce dossier sur le vieillissement des migrants ? Nous en avons brossé un portrait rapide qui ne rend que partiellement compte de la complexité de la thématique. Nous n'avons pas parlé des mesures politiques qui encadrent la venue et le séjour des étrangers, des politiques « d'intégration », des politiques d'éducation des jeunes, des discriminations, de la naturalisation, tout comme nous n'avons pas parlé des autres migrants : aussi bien ceux qui ne « posent pas problème » que les réfugiés politiques, les demandeurs d'asile et les sans papiers. Nous n'avons pas non plus mis en évidence ce que les Italiens, Espagnols, Marocains, Subsahariens, etc., ont pu apporter à la société d'accueil... Il y aurait encore eu beaucoup à dire à propos de tous ces éléments qui conditionnent aussi la vieillesse. Aujourd'hui, il est établi que celle-ci est multiculturelle.

On note aussi que les personnes arrivées à l'âge de pension, qu'elles soient autochtones ou allochtones, connaissent une baisse de revenus et un accroissement des risques pour la santé. Cependant, beaucoup de personnes âgées immigrées montrent un moins bon état de santé et un vieillissement plus avancé à cause des travaux pénibles faits d'autrefois et d'une plus grande précarité.

Parler des multiples visages qui composent actuellement la vieillesse pose inévitablement la question de l'interculturalité, particulièrement dans les maisons de repos, dans les contacts avec les soignants et les autres professionnels de santé. Et là, que de chemin reste-t-il encore à parcourir pour vaincre les préjugés (aussi bien de la part des autochtones que des allochtones) ! Nombreux sont ceux qui, parmi les migrants issus de l'Afrique, de la Turquie, croient ou veulent continuer à croire que la prise en charge des personnes âgées sera perpétuée tel que cela s'est toujours fait dans leurs pays d'origine. Mais le contexte de vie en Belgique est autre. Comment s'occuper de son « vieux » père ou de sa « vieille » mère si les deux conjoints sont obligés de travailler ? « Quand on veut, on peut toujours s'arranger », soulignent certains. Mais cette volonté et ces initiatives que beaucoup mettent en pratique mériteraient d'être davantage soutenues.

La vieillesse immigrée soulève bien des questions, mais au moins ce thème aura-t-il permis de relever des attentes communes à une grande majorité de personnes âgées. À savoir : la présence de la famille, un peu plus de temps, de l'écoute, le besoin de retrouver ce qui forge son identité (culture, langue, croyances), le besoin de transmettre aux plus jeunes... Bref, des éléments qui semblent essentiels quand on arrive au crépuscule de la vie. C'est là, nous semble-t-il, que réside le message essentiel qu'apporte la diversité de la vieillesse dans notre pays. À nous d'y répondre au mieux.

Dossier réuni par Anoutcha Lualaba Lekede

Notes

[1] Migrations et vieillissements, Fondation Roi Baudouin, juillet 2007, p.7.

[2] Marocains : 264.974 ; Italiens : 262.120 ; Français : 145.556 ; Néerlandais : 126.447 ; Espagnols : 55.686 ; Allemands : 43.392 ; Congolais : 42.068 ; Portugais : 33.326 ; Britanniques : 30.987 ; Polonais : 25.545. D'après les chiffres établis au 1er janvier 2006 publiés par La Dernière Heure du 21.05.2007

[3] Migrations et vieillissements, Fondation Roi Baudouin, juillet 2007, p.7.

[4] Op. cit., p. 72.

[5] Op cit., p. 36

[6] Argent Chic Sportswear Basket 2013 Premium Max Homme Air 90 Nike xqIUpIAChaussures in Flex Command Baskets Air qzwnxH6ABg NIKE Enfant Max rRr8w, Service Education permanente, Question Santé asbl, 2007, p.6.

[7] Migrations et vieillissements, Fondation Roi Baudouin, juillet 2007, p.25.max max 2018 femme et cher pas 97 97 rose air femme rose air noir air dqCRd

[8] Maxime africaine

[9] GRIS bei 180 BLAST MAX nike NOIRROSÈ WOLF AIR nOAwBnzqYVital Barholere, Vieillir en Occident - Le regard d'un Africain, collection Transparences, Editions Memor, Bruxelles, 2003.

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